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La secte Les Jardins de la vie - La "méthode" Loison : "Il était toujours entouré de femmes"

samedi 30 avril 2011, par Admin

20 avril 2011

Une expertise psychiatrique et de nombreux témoignages décrivent Gabriel Loison comme un manipulateur qui utilisait son charisme de thérapeute pour assouvir ses désirs sexuels.

C’est le bouche-à-oreille, la plupart du temps, qui menait les gens à Gabriel Loison. Ou à Gabriel Yves, son pseudonyme forgé à partir de son deuxième prénom. Ou, plus globalement, à l’Université de la relation. A la « démolition », au « néant », disent aujourd’hui ceux qui ont eu affaire à lui, à son entourage, à ses méthodes.

Une scène éloquente. Il y a environ cinq ans, Gabriel Loison participe aux Journées mondiales de la paix, un rassemblement voué au solstice d’été, aux médecines parallèles. « Loison était là, en vieux sage sous son chêne, entouré de femmes dont quelques-unes accompagnées d’enfants, raconte un témoin de la scène. Un homme s’est approché, l’a pris à partie et lui a mis un coup de tête. » L’homme en question a vu sa femme partir pour rejoindre, comme beaucoup d’autres, les enseignements de l’Université de la relation. Et devenir, au moment de son arrestation en Espagne, l’une de ses plus proches « collaboratrices ». L’une de ces femmes qui suivent Gabriel Loison, 71 ans, mis en examen depuis le 11 avril pour viols, agressions sexuelles, escroquerie, abus de faiblesse... Julie B., la compagne de Gabriel Loison, emprisonnée comme lui, soupçonnée comme lui de viols et d’agressions sexuelles. Une femme autrefois paisible mère de famille, épouse d’agriculteur, à laquelle une source proche du dossier prête un « rôle actif » dans ces faits.

« Analyses d’enfants »

Depuis qu’il a été repéré en 1995 par un rapport de la MILS (Mission interministérielle de lutte contre les sectes, aujourd’hui nommée Miviludes) pour son rôle de « gourou » dans la secte Les Jardins de la vie, Gabriel Loison n’a jamais cessé de faire naître des soupçons d’abus sexuels. Il y a eu l’enquête ouverte après les plaintes pour viol déposées par une religieuse des Filles-du-Saint-Esprit, qui aboutit à un non-lieu en 2004. Mais il y a également tous ces témoignages qui éclairent la personnalité et les pratiques de Loison.

« Il parlait tout le temps de sexualité, raconte Danielle S., venue, à 46 ans, en 1984, chercher de l’aide chez celui qui se disait psychologue. Il voulait voir mes deux filles de 13 et 15 ans pour faire des "analyses d’enfant". Il fallait qu’elles soient nues pour voir leur "équilibre énergétique"... Elles ont refusé. A la plus grande, il demandait si elle avait déjà fait l’amour, si elle était vierge. A la plus petite qui dessinait un sapin, il disait que ça représentait le "désir de phallus". » Christophe C., lui, l’a rencontrée en 1985, quand un psychiatre lui conseille une thérapie. Sa femme, dans les cercles de yoga qu’elle fréquente, a justement entendu parler de Loison. Seuls ou à deux, ils multiplient les stages. « Par ma belle-sœur, j’ai appris qu’au Maroc, pendant un stage, Loison avait eu des relations sexuelles avec elle, ma femme et leur mère, sous le regard les unes des autres. J’ai confronté ma femme qui m’a avoué qu’il l’avait pénétrée. Elle m’a dit qu’elle ne voyait pas vraiment ça comme un viol, mais que ce n’était pas clair non plus... »

« Ma sœur y croit toujours... »

A l’Université de la relation, les conférences sur la santé, le calendrier maya, la sexualité amènent à Loison de nouveaux « fidèles ». et surtout de nouvelles femmes. Qui, quand elles vont au bout de la formation, deviennent « femmes pionniers ». Des « rabatteuses », selon différents observateurs. Jérôme, père d’un jeune enfant et l’un des principaux plaignants de la salve de plaintes déposées en France (dans le Rhône, à Nantes, en Vendée, en Loire-Atlantique, dans le Gers...), se dit doublement admiratif. D’abord, des talents de « manipulateur » de Loison : « Au XXIe siècle, il arrive à mener des gens intelligents, cultivés, par le bout du nez. Au bout d’un moment, il avait tant d’emprise sur ma femme que mon fils n’était plus mon fils. » Et, surtout, du travail des différentes instances qui ont mené à l’arrestation de Loison. « Les policiers français, la Guardia Civil espagnole, la Miviludes qui a centralisé les informations... Je sais pourquoi je paie des impôts. Et puis les associations : le Réseau parental Europe, l’Unadfi... »

Malgré tout, le courant « philosophique » impulsé par Gabriel Loison n’est pas mort. Les adeptes ont déménagé l’appartement de l’avenida de Oroel, à Jaca, en Espagne, et la propriété de Atenas au Costa Rica, effaçant peut-être des traces. En tout cas, certains n’ont pas perdu la foi. Françoise G., dont la sœur de 62 ans vivait à Jaca avec Gabriel Loison, a mal pris la nouvelle de l’arrestation et de l’extradition : « Pour elle, nous sommes des pestiférés. Elle me considère responsable de son arrestation, et elle m’en veut... Elle y croit toujours... »

Par Jérôme Sage

Voir en ligne : http://www.francesoir.fr/

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