L’auteur
Jean Damascène est un chrétien [1] né 20 à 40 ans après la mort de Muhammad/Mahomet. Il est issu d’une famille de notables de Damas [2], au service direct des Califes de la ville depuis déjà deux générations. Elle entretient avec les occupants des relations cordiales. Jean entre en activité à la fin du règne du Calife Abd al-Malik. Membre de l’entourage du Calife, peut-être son ami personnel, il connait bien l’islam de l’époque. Les discriminations envers les chrétiens allant se renforçant, Jean est amené à quitter sa charge de notable, plutôt que d’avoir à renier son christianisme pour l’islam. Il entre alors au monastère. Au cours de sa vie monastique, il rédigera un traité des hérésies, dont le chapitre 100 que nous résumons ci-dessous sous forme de plan détaillé est consacré à l’islam. Cet écrit est d’importance car c’est un des plus long témoignage non musulman sur le proto-islam. Il s’étient en 754 après Jésus-Christ.
Présentation générale de l’Islam
Une nouvelle religion
Dans la présentation de l’Islam par Jean de Damas, cette nouvelle religion est appelée « religion des Ismaélites » ou « religion des Agarènes ». Il appelle aussi ceux qui suivent cette religion des sarrasins, par référence à Sarah [3].
Contexte d’apparition
Jean explique que l’islam a été adressée à un peuple primitivement idolâtre qui adorait entre autre Chabar (= la grande) et l’étoile du matin.
Le fondateur
Il explique que Mahomet, son fondateur s’est inspiré du judaïsme et du christianisme et qu’il a fréquenté un moine arien.
Jésus dans la nouvelle religion
Il expose ensuite la place de Jésus dans la nouvelle religion. La religion des ismaélites croit en un seul Dieu au sujet duquel il ne saurait être question d’engendrements. Le Christ est certes Verbe et Esprit de Dieu, mais il est une créature de Dieu, serviteur et prophète de Celui-ci [4] . Il est né de Marie, sœur de Moïse et d’Aaron. Il n’a pas été tué sur la croix car seule son ombre a été crucifiée.
Critiques de la révélation des Agarènes
Pas d’annonce prophétique
Jean demande où la venue de Mahomet est prophétisée dans les Ecritures, sous-entendant : « On ne l’y trouvera nulle part ». En revanche, il souligne que Moïse et les prophètes ont annoncé le Christ, sa divinité, sa mort et sa résurrection.
Pas de révélation devant témoins
Il critique ensuite le mode de révélation de la nouvelle religion de deux manières :
En la contrastant avec la réception de la Loi par Moïse à la vue de tout le peuple, dans le feu et la nuée, les ténèbres et la tempête gage absolue de son origine divine. Où sont les signes divins attestant la révélation de Mahomet demande-t-il ?
En soulignant une contradiction : la nouvelle religion demande des témoins pour tout ce qui important, et demande de ne rien recevoir sans témoins ; or pour ce qui est de plus important, à savoir la descente du texte sacré, aucun témoin ne peut être produit : n’y a t il que la foi et l’Ecriture qui doivent être acceptés sans témoins ?
Réponses aux accusations des musulmans
L’associationnisme
Les ismaélites traitent les chrétiens d’associateurs car ils disent que le Christ est fils de Dieu. Jean répond à l’accusation d’associationnisme de deux façons :
Premièrement, il réponds que cela est conforme à ce qu’avaient annoncé les prophètes, et que eux aussi, les musulmans, disent accepter l’autorité des prophètes. Mais Jean sait que les musulmans affirment que les Ecritures juives et chrétiennes sont trafiquées.
Deuxièmement, puisque que les musulmans disent que Jésus est le Verbe et l’Esprit de Dieu, Jean fait cette remarque : le Verbe et l’Esprit d’une personne sont inséparables de cette personne. Si donc le Christ est le Verbe et l’Esprit de Dieu, il est inséparable de Dieu, c’est à dire incréé. Par conséquent, il est Divin lui aussi. Ainsi, il retourne la charge : Puisque les Agarènes retirent à Dieu son Verbe et son Esprit éternel, ce sont eux qui « déforment » Dieu et l’on devrait les appeler « mutilateurs » de Dieu.
L’idolâtrie
Jean se fait l’écho de l’accusation d’idolâtrie portée contre les chrétiens parce qu’ils se prosternent devant la croix que les ismaélites ont en horreur. Pour Jean, si l’on doit traiter les chrétiens d’idolâtres parce qu’ils vénèrent la croix, à plus forte raisons ses accusateurs sont-ils idolâtres en raison de la manière dont ils traitent la Kaaba ! De plus, la croix est le symbole de la victoire sur Satan pour les chrétiens ; L’origine de l’importance de la Kaaba pour les agarènes est bien moindre selon les récits rapportés par Jean.
A propos de quelques sourates
Jean passe ensuite en revue quelques sourates incompatibles avec la révélation chrétienne ; il pense qu’ elles ne peuvent en aucun cas avoir de caractère prophétique ou sacré. L’idée même qu’on puisse leur accorder crédit suscite chez Jean du sarcasme.
Sourate IV : les femmes
Jean raille en les citant ou les évoquant les passages qui autorisent le concubinage, la répudiation, l’épisode au cours duquel Dieu donne à Mahomet la femme de Zayd après qu’il l’eut répudiée, et enfin le verset stipulant que les femmes sont un champ pour les hommes, un champ qu’ils peuvent cultiver de la manière dont ils le veulent.
Sourate : la Chamelle de Dieu
Ici Jean évoque une sourate qui n’est pas dans le Coran actuel ; [5] En revanche, l’attaque de Jean porte ici sur des traditions qui n’ont pas d’écho dans le Coran.
Sourates la Table et la Vache
Elles sont justes mentionnées.
Prescriptions particulières
Jean termine la présentation de la nouvelle religion en en rappelant quelques interdits : ne pas observer le Shabbat, na pas se faire baptiser, ne pas manger certaines nourritures et ne pas boire de vin.
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