Enfant Prodigue

1 Pierre 5;13 : L’évêque de Rome ne peut être le « successeur de Pierre » puisque Pierre n’est jamais allé à Rome.

Source : Envoy magazine

Par Patrick Madrid 
Traduction Paul-Arthur

Argument anticatholique: " L’évêque de Rome ne peut être le «successeur de Pierre» puisque Pierre n’est jamais allé à Rome. La Bible ne le dit nulle part, et Paul qui y était allé, ne mentionne pas sa présence. Si Pierre était le «Pape», il en aurait certainement fait mention."

    Tenter de prouver que Pierre n’est jamais allé à Rome ressemble beaucoup à prouver que saint Mathieu n’a jamais écrit l’évangile de Mathieu. Effectivement, la bible ne mentionne pas explicitement qu’il soit allé à Rome, mais les preuves historiques circonvoisines sont largement suffisantes à le prouver.

Mais nous devons d’abord nous demander, "si Pierre n’est pas allé à Rome, où est-il allé?”  Nous devrions nous attendre à trouver pleins de preuves dans les écrits de l’Église naissante nous disant où cet éminent apôtre a passé les dernières années de son ministère, si c’était ailleurs qu’à Rome. Toutefois, les traces historiques ne nous donnent aucune allusion à une fin de l'apôtre autre qu’à Rome. Aucune autre ville à part Rome n’a jamais revendiqué posséder le lieu de son martyre ou sa tombe ( les premiers Chrétiens faisaient preuve d’un zèle efficace pour ce genre de choses). Aucune autre ville – pas même Antioche où il a résidé pendant un moment durant son apostolat – n’a prétendu qu’il ait fini ses jours entre ses murs. Aucun père de l’Église ou concile ou toute autre trace dans l’Église des premiers temps ne nous indique qu’il ait fini ses jours ailleurs qu’à Rome.

C’est le côté souffreteux de ce développement. L’envers de la médaille est la montagne de preuves de sa venue à Rome. Partout et tout le temps dans l’Église primitive, chacun admit que Pierre fut à Rome, y exerça son ministère pendant plus de 20 ans et y mourut en martyre, crucifié la tête en bas en 65, lors des persécutions de l’empereur Néron. Étant donné le grand danger que représentait le gouvernement romain pour l’Église primitive, il semble parfaitement logique que saint Paul ne mentionne pas où était saint Pierre où que ce soit dans ces lettres. Il est aussi probable que Pierre ne soit pas encore arrivé à Rome quand Paul écrivit. Nous voyons même saint Pierre en personne faire ce qui semble être une référence cryptée de sa présence à Rome lorsqu’il dit «Celle qui est à Babylone, élue comme vous, vous salue, ainsi que Marc, mon fils» (IPierre 5:13).  «Babylone» est un code couramment utilisé par les chrétiens pour Rome car la décadence païenne et l’opposition au Christ rappelaient l’idolâtrie scandaleuse associée à l’ancienne Babylone.

Cependant, une fois le martyr de Pierre passé, les témoignages de son séjour à Rome avec Paul abondèrent des premiers écrivains chrétiens. Saint Iréné de Lyon (200) a écrit ce qui est peut-être la plus détaillée de ces premières analyses dans « Contre les hérésies ». Il y donne un compte-rendu détaillé de la succession des évêques de Rome, depuis saint Pierre jusqu’à son époque. Il évoque Rome comme la ville «où Pierre et Paul ont proclamé l’Évangile et fondé l’Église.». Saint Ignace d’Antioche est un autre exemple notable des premiers temps (107) lorsqu’il se réfère à l’Église de Rome comme «l’Église de Pierre et Paul» . Et saint Jérôme (470) qui appelle Rome « le Siège de Pierre » (Épître 13 au pape Damase) . Vers 166, l’évêque Denis de Corinthe écrivit au pape Soter «vous avez aussi, par votre admonition, rassemblé ce qu’ont planté Pierre et Paul à Rome» (citation de l’histoire ecclésiastique d’Eusèbe 2:25 ).

Au delà du grand nombre de preuves historiques démontrant la venue de saint Pierre à Rome, l’archéologie moderne a renforcé encore plus solidement ce fait, avec la démonstration scientifique et définitive de l’enterrement de ses os ( les études montrent que ce sont ceux bien bâtis d’un vieil homme mort d’une crucifixion inversée ) directement sous le principal autel de la basilique saint Pierre à une certaine profondeur,  Là où le site originel de la colline du Vatican du I° siècle se dresse autour du Tibre. C’était juste en dehors des murs de ce qui a été le cirque de Néron, précisément là où les sources des premiers chrétiens et même celles des non-chrétiens s’accordent à dire que saint Pierre fut crucifié et enterré.

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Sous l’Empire romain, les courses de chars se déroulaient dans le cirque du Vatican, (Maquette du Cirque du Vatican sur la colline du Vatican) construit par Caligula et complété par Néron. Celui-ci y fit immoler des victimes humaines, à la lueur des flambeaux. L’apôtre Pierre, venu à Rome implanter l’Église au coeur de l’empire romain, y a été crucifié la tête en bas. Le premier édifice en l’honneur de l’apôtre Pierre fut construit par Constantin, premier empereur chrétien, sans doute vers l’an 322. Deux campagnes de fouilles, menées de 1939 à 1949, puis de 1953 à 1958, révélèrent une donnée étonnante : pour créer la base nécessaire à l’édification de la basilique de Constantin, ses architectes avaient dû à la fois remplir de terre et en même temps entailler une partie de la colline du Vatican. Ces difficultés auraient dû faire écarter ce site pour l’édification de la basilique, n’eut été de la tradition constante de la présence du tombeau de Pierre près du lieu du martyre...