Argument anticatholique: "
L’évêque de Rome ne peut être le «successeur de
Pierre» puisque Pierre n’est jamais allé à
Rome. La Bible ne le dit nulle part, et Paul qui
y était allé, ne mentionne pas sa présence. Si
Pierre était le «Pape», il en aurait
certainement fait mention."
Tenter
de prouver que Pierre n’est jamais allé à Rome
ressemble beaucoup à prouver que saint Mathieu
n’a jamais écrit l’évangile de Mathieu.
Effectivement, la bible ne mentionne pas
explicitement qu’il soit allé à Rome, mais les
preuves historiques circonvoisines sont
largement suffisantes à le prouver.
Mais nous devons d’abord nous demander, "si
Pierre n’est pas allé à Rome, où est-il allé?”
Nous devrions nous attendre à trouver pleins de
preuves dans les écrits de l’Église naissante
nous disant où cet éminent apôtre a passé les
dernières années de son ministère, si c’était
ailleurs qu’à Rome. Toutefois, les traces
historiques ne nous donnent aucune allusion à
une fin de l'apôtre autre qu’à Rome. Aucune
autre ville à part Rome n’a jamais revendiqué
posséder le lieu de son martyre ou sa tombe (
les premiers Chrétiens faisaient preuve d’un
zèle efficace pour ce genre de choses). Aucune
autre ville – pas même Antioche où il a résidé
pendant un moment durant son apostolat – n’a
prétendu qu’il ait fini ses jours entre ses
murs. Aucun père de l’Église ou concile ou toute
autre trace dans l’Église des premiers temps ne
nous indique qu’il ait fini ses jours ailleurs
qu’à Rome.
C’est le côté souffreteux de ce développement.
L’envers de la médaille est la montagne de
preuves de sa venue à Rome. Partout et tout le
temps dans l’Église primitive, chacun admit que
Pierre fut à Rome, y exerça son ministère
pendant plus de 20 ans et y mourut en martyre,
crucifié la tête en bas en 65, lors des
persécutions de l’empereur Néron. Étant donné le
grand danger que représentait le gouvernement
romain pour l’Église primitive, il semble
parfaitement logique que saint Paul ne mentionne
pas où était saint Pierre où que ce soit dans
ces lettres. Il est aussi probable que Pierre ne
soit pas encore arrivé à Rome quand Paul
écrivit. Nous voyons même saint Pierre en
personne faire ce qui semble être une référence
cryptée de sa présence à Rome lorsqu’il dit «Celle
qui est à Babylone, élue comme vous, vous salue,
ainsi que Marc, mon fils» (IPierre
5:13).
«Babylone»
est un code couramment
utilisé par les chrétiens pour Rome car la
décadence païenne et l’opposition au Christ
rappelaient l’idolâtrie scandaleuse associée à
l’ancienne Babylone.
Cependant, une fois le martyr de Pierre passé,
les témoignages de son séjour à Rome avec Paul
abondèrent des premiers écrivains chrétiens.
Saint Iréné de Lyon (200) a écrit ce qui est
peut-être la plus détaillée de ces premières
analyses dans « Contre les hérésies ». Il y
donne un compte-rendu détaillé de la succession
des évêques de Rome, depuis saint Pierre jusqu’à
son époque. Il évoque Rome comme la ville «où
Pierre et Paul ont proclamé l’Évangile et fondé
l’Église.». Saint
Ignace d’Antioche
est un autre exemple notable des premiers temps
(107) lorsqu’il se réfère à l’Église de Rome
comme «l’Église
de Pierre et Paul» . Et saint Jérôme (470) qui appelle Rome «
le Siège de Pierre » (Épître
13 au pape Damase) . Vers 166, l’évêque Denis de
Corinthe écrivit au pape Soter «vous
avez aussi, par votre admonition, rassemblé ce
qu’ont planté Pierre et Paul à Rome» (citation
de l’histoire ecclésiastique d’Eusèbe 2:25 ).
Au delà du grand nombre de preuves historiques
démontrant la venue de saint Pierre à Rome,
l’archéologie moderne a renforcé encore plus
solidement ce fait, avec la démonstration
scientifique et définitive de l’enterrement de
ses os ( les études montrent que ce sont ceux
bien bâtis d’un vieil homme mort d’une
crucifixion inversée ) directement sous le
principal autel de la basilique saint Pierre à
une certaine profondeur, Là où le site
originel de la colline du Vatican du I° siècle
se dresse autour du Tibre. C’était juste en
dehors des murs de ce qui a été le cirque de
Néron, précisément là où les sources des
premiers chrétiens et même celles des
non-chrétiens s’accordent à dire que saint
Pierre fut crucifié et enterré.

Sous l’Empire romain, les courses de
chars se déroulaient dans le cirque du
Vatican, (Maquette du Cirque du Vatican sur
la colline du Vatican) construit par
Caligula et complété par Néron. Celui-ci y
fit immoler des victimes humaines, à la
lueur des flambeaux. L’apôtre Pierre, venu à
Rome implanter l’Église au coeur de l’empire
romain, y a été crucifié la tête en bas. Le
premier édifice en l’honneur de l’apôtre
Pierre fut construit par Constantin, premier
empereur chrétien, sans doute vers l’an 322.
Deux campagnes de fouilles, menées de 1939 à
1949, puis de 1953 à 1958, révélèrent une
donnée étonnante : pour créer la base
nécessaire à l’édification de la basilique
de Constantin, ses architectes avaient dû à
la fois remplir de terre et en même temps
entailler une partie de la colline du
Vatican. Ces difficultés auraient dû faire
écarter ce site pour l’édification de la
basilique, n’eut été de la tradition
constante de la présence du tombeau de
Pierre près du lieu du martyre...