Enfant Prodigue
La vague christianophobe


Par Julien Ribic

La vague christianophobe ; inspirée par l’article de Michel De Jaeghere sous ce titre dans «L’Homme Nouveau » N° 1354.

Michel De Jaeghere a enquêté sur la christianophobie. Dans son livre « Enquête sur la christianophobie » , il explicite ce que recouvre ce terme audacieux qui dénonce le lynchage médiatique de la foi de l’Église.

Pourquoi recourir à ce mot nouveau de christianophobie au lieu d’anticléricalisme ?

Parce que l’anticléricalisme visait surtout les prêtres. Aujourd’hui, c’est le christianisme lui-même qui est l’objet d’un rejet. Nous sommes traqués par toutes sortes de « phobies » (xénophobie, homophobie), sauf d’une seule, celle qui s’exerce contre les chrétiens. Contre eux, il semble que tout soit permis, la diffamation, la dérision, les insultes.

Quelles sont les principales manifestations de ce rejet ?

Il suffit d’ouvrir la télévision, de lire les journaux, d’aller au cinéma et souvent seulement en se promenant dans la rue. Le discours médiatique en France entend convaincre que les catholiques eux-mêmes ne sont plus qu’une minorité et qu’ils doivent garder profil bas. Concrètement, cette marginalisation passe par la disparition des chrétiens de la vie publique au nom de la laïcité. Il serait impensable de voir un héros du cinéma aller à la messe (comme cela se fait aux USA par exemple c’est nous qui soulignons). Une campagne persistante et multiforme vise à discréditer la foi, l’histoire et la morale de l’Église. Il n’y a qu’à voir le succès de livres hérétiques, émissions et films, déniant toute historicité au Christ (Corpus Christi, Jésus après Jésus ; Da Vinci Code ; Au nom de la rose, Amen... etc.

Les médias ont traîné Jean Paul II dans la boue, à l’occasion de la publication d’encycliques tels que Veritatis Splendor ou Evangelium Vitae.

Les médias n’ont-ils pas fait pourtant preuve de bienveillance lors de la mort de Jean-Paul II ?

Certains l’ont cru, mais il y a là une erreur de perspective. Jean-Paul II était devenu une star mondiale. L’émotion créée a donné l’occasion aux télévisions de retransmettre un formidable spectacle. On a donc mis de côté tout ce qui avait fait de lui un signe de contradiction pour saluer la mémoire du combattant pour les droits de l’homme, l’apôtre du dialogue interreligieux, l’anticonformiste. La haine a vite repris dès l’élection de son successeur Benoît XVI.

La promotion de ce que Jean-Paul II a appelé la « culture de la mort » se rattache-t-elle à la christianophobie ?

L’enseignement du mépris n’aurait pas connu un écho favorable sans la corruption de la société. Depuis 30 ans, a été promu, institutionnalisé un dérèglement des moeurs qui a amené l’opinion à prendre l’enseignement de l’Église en horreur parce qu’elle condamnait seule, ce qui était promu comme la quintessence de la liberté.

Quelles sont les autres formes de la christianophobie ?

Il faut voir « Les guignols de l’info » pour constater la dérision vis-à-vis de l’Église et de ses représentants.

La provocation peut être violente comme cette parodie de mariage de deux lesbiennes au terme de laquelle le recteur archiprêtre a été jeté par terre et frappé. Imagine-t-on le scandale inouï qu’une affaire analogue aurait suscité si elle s’était produite dans une mosquée ou dans une synagogue ?

Il faudrait encore citer la publicité qui culmine souvent dans le blasphème. L’auteur de cet article s’est souvent demandé ce que cherchaient ces gens qui ne croient pas en Dieu en insultant ce que nous avons de plus cher. Il me semble qu’ils veulent nous enfermer dans un dilemme : protester, et ils auront beau jeu de dénoncer notre incurable intolérance ou laisser-faire et ils seront parvenus à ce que notre lâcheté consente à leurs blasphèmes et ils nous en feront complices par notre passivité.

Peut-on parler de persécutions ?

Il n’y aura plus ni arène ni lion. Il y a une espèce de cocktail de campagne d’opinions, de poursuites judiciaires, de brimades administratives et d’empêchement professionnels.

Un exemple : Rocco Buttiglione, commissaire européen, était obligé de démissionner pour avoir dit que l’homosexualité était à ses yeux, un péché.

Comment réagir ?

Ces épreuves sont rassurantes. Il y a en effet une telle démesure entre la faible visibilité de l’Église et l’ampleur des attaques dont elle fait l’objet qu’elles témoignent de ce qu’elle est bien l’Église de Dieu. Il faut que l’ennemi en soit pénétré pour s’acharner avec une telle vigueur sur un adversaire qui semble à terre.

Pour nous, c’est une grâce.

Sans la christianophobie, nous aurions tendance à nous endormir dans le confort de la société marchande et à nous laisser happer par cette apparence de liberté qui conduit à l’indifférentisme. Peut-être la Providence nous donne-t-elle, à travers ces épreuves, la grâce de ne pas laisser s’éteindre la flamme de notre foi.