Enfant Prodigue
Témoins de Jéhovah : La Bible au pied de la lettre !



   
Bible en main, les témoins de Jéhovah se réfèrent sans cesse aux Écritures pour convaincre leurs interlocuteurs du bien-fondé de leur doctrine. Ils prétendent d’ailleurs être les seuls à tout prouver par la Bible qu’ils se glorifient, de prendre, eux, au pied de la lettre.

Pour les témoins de Jéhovah, la Bible fournit des réponses précises et définitives à toutes les questions que l’on peut se poser : sur Dieu, l’homme, le monde, l’histoire, mais aussi la science, les évènements contemporains, la pollution, la crise de l’énergie…

Cet engouement pour la Bible remonte à Russell. Sans aucune formation théologique ni exégétique, il consigna le résultat de ses réflexions sur le Livre Saint dans sept volumes intitulés « Études sur l’Écriture », dont il disait lui-même qu’ils étaient aussi importants que la Bible elle-même .

LA «TRADUCTION DU MONDE NOUVEAU»

Les Témoins de Jéhovah n’utilisent pas n’importe quelle traduction de la Bible, mais celle éditée par leurs soins et intitulée : « Les Saintes Écritures, traduction du Monde Nouveau ».

Diffusée à des millions d’exemplaires, le texte original en a été établi en anglais (l’édition française existe depuis 1963).

William Cetnar, un ancien Témoin de Jéhovah qui occupa d’importantes fonctions au siège de l’Organisation , à New York, explique comment a été faite cette traduction :

« Aucun membre du Comité de traduction ne possédait l’instruction et la formation leur permettant de s’établir comme des traducteurs sérieux de la Bible, écrit-il. C’est à cause de l’incompétence des traducteurs que les traductions qui en résultèrent n’étaient pas, dans bien des cas, fidèles aux langues originales, mais plutôt aux croyances tendancieuses des Témoins ». (Rescapés de la Tour, pp.15-17)

TRADUCTIONS FAUSSES ET CONTRESENS

On trouve dans cette traduction du Monde Nouveau de nombreuses traductions fausses ainsi que des déformations volontaires de sens.

Voici quelques exemples :

Ils traduisent : « Ceci représente mon corps », au lieu de « Ceci est mon corps » (Mt 26 :26), parce que, pour eux, la Cène est seulement un Mémorial. Au début de l’évangile de saint Jean (1,1), au lieu de : « le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu», on lit : « la Parole était auprès de Dieu et la Parole était un dieu », car pour eux, le Christ n’est pas Dieu. Dans le livre des Actes, nous lisons le texte suivant : « Chaque jour, ils (les Juifs) examinaient les Écritures pour voir si tout (ce que disait l’apôtre Paul), était exact ». Les Témoins comprennent ainsi : « Les chrétiens primitifs n’hésitaient pas à consulter la Parole de Dieu pour y trouver l’explication des choses de leur temps » ( !).

« Que chacun se soumette aux autorités en charge » lisons-nous dans l’épître aux Romains (13 :1-17). Il s’agit ici, d’après le contexte, des autorités civiles auxquelles saint Paul recommande de se soumettre. Comme les Témoins de Jéhovah ne reconnaissent comme valable que leur organisation « théocratique », ils traduisent par « autorités supérieures », ce qui dénature le sens du texte.

L’ÉGLISE ENCOURAGE A APPROCHER DE TOUT SON CŒUR LE TEXTE SACRE LUI-MÊME.

« Les Saintes Écritures contiennent la Parole de Dieu et parce qu’elles sont inspirées, elles sont réellement la Parole de Dieu . Le concile exhorte avec force tous les chrétiens à acquérir, par la lecture fréquente des divines Écritures, « une science éminente de Jésus-Christ ». Qu’ils approchent de tout leur cœur le texte sacré lui-même.

La prière, qu’on se le rappelle, doit accompagner la lecture de la sainte Écriture, afin que s’établisse un dialogue entre Dieu et l’homme. Car c’est à Lui que nous nous adressons quand nous prions, c’est Lui que nous écoutons, quand nous lisons les paroles divines » (Vatican II)

La Parole de Dieu est faite pour être « partagée ». C’est pourquoi les chrétiens la lisent « en Église » .

LA BIBLE ET LA SCIENCE


Les découvertes scientifiques contemporaines n’ont pas discrédité la Bible.

Prenons un exemple : la date de l’apparition de l’homme sur la terre. Que disent les scientifiques à ce sujet ? Que l’homme existe depuis très longtemps. Quant à la Bible, elle n’en dit rien , contrairement à ce qu’affirment les témoins de Jéhovah. En effet, son intention n’est pas de nous fournir des informations d’ordre scientifique, mais de nous dire le dessein d’amour de Dieu sur le monde et son plan de salut par la préparation du peuple d’Israël .

Dans la Bible, Dieu ne nous parle pas pour nous dire à quelle date l’homme a été crée mais pour nous dire qu’il a crée l’homme à son image et à sa ressemblance et que c’est une œuvre d’amour. C’est pourquoi il n’y a aucune contradiction entre les découvertes scientifiques et le message biblique.

LA DATE DE LA CRÉATION DU MONDE


Les Témoins de Jéhovah affirment que le monde a été créé par Dieu l’année 46028 avant Jésus-Christ, et que l’on trouve dans la Bible tous les éléments permettant d’avancer cette date. Voici comment ils procèdent (La vérité vous affranchira, édité par la société de La Tour de Garde, ch.11) :

S’appuyant sur les généalogies du livre de la Genèse (qui n’offrent d’ailleurs aucune garantie mathématique) et sur d’autres dates que l’on peut trouver ici et là dans la Bible, ils font le calcul suivant :

-d’Adam au déluge : 1656 années

-du déluge à Abraham : 427 années

-d’Abraham à Jésus : 1945 années

Ce qui donne, au total : 4028 années.

A ces 4028 années, il convient d’ajouter, disent-ils, 42000 ans ; car Dieu a créé le monde en six jours, chaque jour de la création représenterait 7000 ans et nous serions dans le septième millénaire. Donc, 7000 x 6 = 42000 ans. Si l’on ajoute à ce chiffre les 4028 années qui vont d’Adam à Jésus, cela fait 46028 années ! Malheureusement, malgré leur caractère pseudo-scientifique, ces affirmations sont gratuites et dénuées de tout fondement sérieux.

Les Témoins de Jéhovah se livrent à des calculs tout aussi fantaisistes et arbitraires pour tacher de fixer la fin du monde. Jusqu’à présent, toutes leurs « prédictions » soi-disant fondées sur un examen attentif des Écritures, se sont révélées fausses.

LES 144 000 ÉLUS


On trouve dans la Bible, notamment dans les livres apocalyptiques (Daniel, Apocalypse de Jean), des nombres qui ne doivent pas être pris au pied de la lettre. C’est le cas notamment des 144000 élus dont il est question dans l’Apocalypse (ch. 7 : 4-8 et 14 :1-4). Les Témoins de Jéhovah prétendent que ce nombre sera celui des élus qui, seuls, connaîtront la joie du ciel ; eux seuls, disent-ils, sont l’Église et le corps du Christ (les humains, peu nombreux, qui survivront à l’intervention divine ainsi que ceux, morts des temps passés qui seront recréés, ont la perspective d’une vie éternelle terrestre). Que faut-il en penser ?

Dans la Bible, et en particulier dans la littérature apocalyptique, le nombre 1000 indique toujours la multitude indéfinie. Quant au nombre 12, c’est un chiffre symbolique qui désigne le peuple d’Israël issu des douze patriarches, ancêtres des douze tribus d’Israël.

Dans la symbolique chrétienne, ce nombre 12 est devenu le chiffre de l’Église, fondée sur les douze apôtres. Si l’on multiplie 12 par 12, on obtient 144 . Si l’on multiplie ce nombre par 1000, on obtient les 144 000 dont parle l’Apocalypse. Dans l’Apocalypse de saint Jean, ce nombre symbolique désigne une multitude indéfinie, celle des élus d’Israël (l’ancien et le nouveau), autrement dit la plénitude du peuple de Dieu.

Le Christ est mort pour tous. Il invite tous les hommes à entrer dans le Royaume de Dieu et non pas seulement un petit nombre de privilégiés.

CE QU’EST LA BIBLE POUR LES CHRÉTIENS


Pour les chrétiens, la Bible est un livre inspiré, la Parole de Dieu. C’est même une véritable bibliothèque. Pour y pénétrer, un minimum d’initiation est indispensable. Voici quelques points de repères :

-Tout d’abord, lire le texte honnêtement et sans préjugé.

-Aborder le texte dans une traduction aussi fidèle que possible aux textes originaux.

-Toujours replacer le texte que l’on étudie dans son contexte littéraire et culturel, afin d’en comprendre la signification et la portée.

-Le situer dans l’histoire, ce que font très bien par des notes et des introductions, la plupart des Bibles catholiques et la TOB(Traduction Oecuménique de la Bible)

-Toujours se demander à quel genre littéraire appartient le livre dont on entreprend la lecture. En effet, on trouve dans la Bible, comme dans toutes les littératures, des ouvrages appartenant à des genres littéraires extrêmement divers : des poèmes (le Cantique des Cantiques), des contes (le livre de Jonas), des récits historiques (le livre des Actes), des épopées (le livre de l’Exode), des récits inventés (les paraboles), des récits apocalyptiques (Daniel, l’Apocalypse de Jean) etc… Chaque genre littéraire a ses lois propres et on ne saurait rapprocher des textes bibliques appartenant à des genres littéraires différents sans se tromper sur leur sens et leur faire dire ce qu’ils n’ont jamais voulu dire.

-En ce qui concerne l’Ancien Testament, il convient de tenir compte du génie propre de la langue hébraïque , qui a des expressions et des procédés de composition qu’il est indispensable de connaître. Par exemple, l’expression : « devant le Seigneur, un jour est comme mille ans et mille ans comme un jour » (2 P 3 :8, repris du psaume 90 :4) signifie que, devant Dieu qui est éternel, le temps n’est rien. Si l’on prend les mots « jour, an et mille ans » littéralement, on aboutit à des élucubrations ahurissantes, ce que font les Témoins de Jéhovah.

La Bible n’est ni un recueil de citations, ni un livre-oracle. Ce n’est ni un livre de guerre ni un arsenal d’arguments pour assommer un adversaire, mais un livre dans lequel Dieu nous parle pour nous dire qu’Il nous aime.

Source : FETES et SAISONS N° 348